← les histoires

§04

Festin de princesse

30 novembre 2025

nouvelle · lecture ~15 min


Cela faisait une heure que je montais. Mes bottes crissaient dans la neige trop parfaite, trop blanche, sous un soleil qui se réverbérait partout. J'avais les poumons en feu, les cuisses brûlantes, le sac à dos trop lourd.

Je ne voulais pas être en retard.

Elle déteste quand on ne respecte pas son timing.

Et puis, au détour d'un virage bordé de mélèzes, je l'ai vu.

Le chalet.

Une bâtisse en bois sombre, solitaire, perchée au-dessus de la vallée. Une fumée rassurante s'échappait de la cheminée. La promesse de la chaleur. La promesse du repos.

— Camille !

J'ai levé la tête.

Elsa était là, sur le perron, vêtue d'un gros pull en laine couleur crème. Dès qu'elle m'a vue, elle a dévalé les marches et s'est mise à courir vers moi dans la neige profonde.

Elle ne semblait pas sentir le froid. Ni la gravité. Elle bondissait, légère, aérienne.

Moi, je ressemblais à un bœuf de labour à l'agonie.

Elle m'est tombée dessus avant que j'aie pu reprendre mon souffle, m'enserrant dans une étreinte qui sentait le feu de bois et le parfum coûteux.

— Tu es là ! J'ai cru que tu n'arriverais jamais ! Regarde-toi, tu es toute rouge, on dirait que tu vas faire un infarctus !

Elle a ri.

Je me suis laissée aller contre elle, les jambes flageolantes.

— C'est… c'est magnifique, Elsa, haletai-je. C'est le paradis, ici.

Elle a reculé pour me regarder, un sourire large étirant ses lèvres. Ses yeux brillaient d'une excitation que je pris pour de la joie de me voir.

— Oh oui, ma Camille. C'est exactement ça. Ici, personne ne viendra nous déranger. Je te garde rien que pour moi !

Elsa m'a pratiquement tirée à l'intérieur, me délestant de mon sac à dos comme s'il ne pesait rien.

Le contraste fut brutal. De la morsure glaciale de l'air, je suis passée à une chaleur étouffante, presque liquide, qui sentait la résine de pin, la cire à parquet et une touche de cannelle. C'était un intérieur de magazine : des peaux de bêtes jetées négligemment sur des fauteuils en cuir patiné, une immense cheminée en pierre où rugissait un feu dantesque, et des poutres si basses qu'elles donnaient l'impression que la maison nous prenait dans ses bras. Ou qu'elle se refermait sur nous.

— Entre, entre ! Ne reste pas dans le courant d'air !

Elsa a repoussé la lourde porte en chêne massif. Le bruit du verrou qui tournait a résonné curieusement dans la pièce, un clac sec, définitif, métallique. Puis elle a enclenché une deuxième serrure, puis un loquet de sécurité en haut de la porte.

— Ça fait beaucoup, non ?

— On n'est jamais trop prudent, dit-elle en voyant mon regard interrogateur. Ce serait bête de se faire dévorer par un ours !

Je me suis laissée tomber sur le canapé, mes muscles fondant de soulagement. Elsa virevoltait autour de moi, m'apportant une tasse de thé fumant, me débarrassant de mes bottes mouillées. Elle me traitait comme une enfant fragile. Ou une poupée précieuse. J'adore quand elle prend les commandes.

— Bois ça, ça va te remonter, ordonna-t-elle doucement en me tendant la tasse.

J'ai bu une gorgée brûlante, mes yeux rivés sur la grande baie vitrée qui offrait un panorama spectaculaire sur la vallée. C'est là que j'ai remarqué que la lumière avait changé.

Il y a cinq minutes à peine, le ciel était d'un azur insolent. Maintenant, une teinte grisâtre rampait par-dessus les crêtes, avalant le soleil.

Les sapins s'agitaient.

Ils semblaient… inquiets.

— Le temps tourne vite en montagne, commentai-je, un peu hypnotisée.

Elsa s'est arrêtée de ranger mes affaires. Elle s'est approchée de la vitre, se tenant juste derrière moi. Je pouvais sentir sa main se poser sur mon épaule, ses doigts pressant ma clavicule avec une douceur autoritaire. Elle ne regardait pas le ciel avec inquiétude. Elle le regardait avec… satisfaction.

— Oui, murmura-t-elle. La météo annonçait une petite perturbation. Rien de grave.

À l'instant où elle prononça ces mots, une rafale violente frappa la façade, faisant trembler la baie vitrée dans ses cadres. Le sifflement du vent devint un hurlement grave. La neige se mit à tomber, lourde, rapide, engloutissant le paysage. En quelques secondes, le monde extérieur disparut.

Je me suis redressée, le ventre serré.

« On ne voit plus le chemin… On ne peut plus partir. »

— Elsa… tu es sûre que c'est une « petite » perturbation ?

Elle appuya un peu plus fort sur mon épaule, possessive.

— Ne t'inquiète pas, ma chérie. On a du bois. On a un toit solide. Que le monde disparaisse… qu'est-ce que ça peut faire ? On est tellement mieux ici, juste toutes les deux.

Elle s'est penchée pour embrasser le sommet de mon crâne, puis s'est dirigée vers la cuisine ouverte.

— Par contre… j'espère que tu n'as pas trop faim tout de suite. Je n'ai pas encore eu le temps de ranger les courses. On verra ça plus tard, d'accord ? Profitons du spectacle.

Dehors, la tempête rugissait comme une bête affamée qui cherchait à entrer.

Mais Elsa était calme.

Trop calme.

« Elle avait tout prévu.

Comme toujours. »


Vers midi, mon estomac a émis un gargouillis sonore qui a couvert le crépitement du feu. Je me suis massé le ventre, un peu honteuse de briser l'ambiance feutrée.

« Je suis vraiment impolie d'avoir un système digestif. »

— Dis, Elsa… Je ne veux pas faire ma gourmande, mais tu parlais de déjeuner tout à l'heure ? L'air de la montagne m'a creusé.

Elsa, qui lisait un magazine de décoration près de l'âtre, a levé la tête. Elle a souri, ce sourire indulgent qu'on réserve aux enfants impatients.

— Bien sûr. Je vais voir ce qu'on a.

Elle s'est levée avec sa grâce habituelle et a disparu dans la cuisine. J'ai entendu des placards s'ouvrir, se refermer. Une fois. Deux fois. Puis plus rien. Un silence trop long.

« Elle prépare une surprise, c'est sûr. »

Quand elle est revenue, elle n'avait rien dans les mains. Son visage était pâle. Elle se pinçait l'arête du nez, comme si elle retenait une migraine ou un meurtre. Difficile à dire avec elle.

— Elsa ? Ça va ?

Elle a soufflé comme si elle allait m'annoncer la fin du monde.

— Camille… tu vas me tuer. Je suis… impardonnable.

— Quoi ? Qu'est-ce qu'il y a ?

— Les courses.

— Oui ?

— Je ne les ai pas faites.

J'ai d'abord souri. Attendant le « ha ha » de fin.

Il n'est pas venu.

— Elsa, ce n'est pas grave… Demain matin, on descendra au village. On se fera un resto ! Oui ? Un resto ! Avec… des couverts… et des gens qui ne mangent pas leurs invités…

Elsa a secoué la tête. Lentement. Puis elle a levé son téléphone : une alerte rouge clignotante.

— Ça vient de passer avant que le réseau saute. « Tempête du siècle ». Deux semaines d'isolement total. Minimum. Routes coupées. Risque d'avalanche maximal.

« OK. Ça fait peut-être un tout petit peu grave. »

— On… on peut appeler les secours ?

— Ils ne risqueront pas un hélico pour deux touristes étourdies, dit-elle aussitôt, calme comme une assurance-vie qui sourit à un sinistre.

Elle s'est assise face à moi, nos genoux se touchant. Elle m'a scrutée avec une lenteur appétitive. Ses yeux ont glissé sur mes hanches, mes cuisses.

— Il faut être rationnelles.

Elle a posé sa main sur mon mollet.

— Toi, tu es si forte. Tes muscles ont l'air savoureux.

« J'ai fait un leg-day pour rien, voilà. »

Elle a ajouté doucement :

— On a besoin de protéines pour tenir. On pourrait… prendre juste un petit morceau de ce mollet. Pour survivre.

J'ai explosé de rire. Je me suis presque étranglée. Ce n'était pas nerveux, juste… inconcevable.

— Putain Elsa, t'es conne ! « Manger mon mollet » ! Très drôle ! Allez, va chercher les chips !

Elle n'a pas ri.

Elle n'a même pas souri.

Le silence s'est posé comme une nappe de plomb.

« Oh non. Elle est sérieuse. »

J'ai senti une bouffée de honte me monter au visage. Je venais de me moquer d'elle alors qu'elle essayait de nous sauver.

Elle, elle réfléchit.

Et moi… je ris.

Je suis cette idiote dans les films d'horreur qui ne comprend rien. J'ai baissé les yeux. Sa main était toujours sur ma jambe.

Elle avait raison.

Comme toujours.

— Pardon, murmurai-je. Je–je ne voyais pas les choses comme ça…

Elle m'a caressé la joue, d'un geste tendre et supérieur.

Un pardon distribué au petit personnel.

— C'est rien, chérie. C'est le choc. Alors… gauche ?

Si je dis non… elle n'a plus besoin de moi.

Et je n'existe qu'à travers elle.

Alors j'ai hoché la tête.

« Je suis une amie formidable. Non ? »

— D'accord…


Elsa avait poussé la corbeille de fruits et m'avait demandé de m'asseoir sur la grande table en chêne massif.

— Mets-toi à l'aise. Enfin… autant que possible.

J'étais assise en tailleur, ma jambe gauche tendue comme une offrande. Je tremblais. Elsa avait remonté mon pantalon jusqu'au genou, retroussant ses manches avec application.

Elle a attrapé le couteau, l'a fait briller sous la lumière du lustre, puis a soupiré.

— Pff. C'est trop technique. Et puis, le métal donne un arrière-goût.

Elle s'est penchée. Sa mâchoire s'est ouverte. Trop large. Anormale.

CROC.

— AAAAAH !

La douleur a explosé dans ma jambe. Un bruit mouillé. J'ai hurlé.

Elle mâchait déjà. Les yeux fermés. Du sang sur le menton.

Puis elle a avalé.

— Miam-miam !

Elle m'a tendu un petit morceau coincé entre ses dents.

— Tiens, goûte.

— Q-quoi ?

— C'est toi. Tu as le droit.

J'ai ouvert la bouche.

J'ai mâché.

« Putain… c'est bon. »

La douleur devenait autre chose. Une curiosité. Une faim.

J'ai regardé mon bras.

Croc.

— Eh ! Ça va pas la tête ?

Elle m'a giflé la main.

— C'est notre réserve. On doit tenir.

La honte m'a écrasée.

J'ai caché mon bras derrière mon dos.

— Pardon…

Elle s'est détendue. Elle m'a caressé la tête.

— La prochaine fois, tu me demandes. C'est moi qui fais les portions.

Elle m'a aidée jusqu'au canapé. J'étais glacée, tremblante. Elle m'a enveloppée dans une peau de renne, a posé une compresse sur ma jambe, puis m'a glissé un comprimé dans la main.

Aspirine.

Une seule.

« Très rationnelle, cette femme. »

— C'est tout ce que j'ai, dit-elle.

Elle s'est mise à tricoter. Un petit sac. Isotherme. Pour préserver ma chair.

— Merci de me faire confiance.

Mes paupières se sont fermées.

« Demain… j'aurai encore beaucoup à donner. »


Quand j'ai rouvert les yeux, la lumière avait viré à l'ambre. L'après-midi se vidait de sa clarté. Le feu, lui, n'avait pas faibli — Elsa l'avait nourri, comme elle nourrissait tout ce qui lui appartenait.

Elle était assise près de moi. Elle me regardait dormir. Depuis combien de temps ?

« Une jolie chose qui veille sur son repas. »

— Tu as bonne mine, dit-elle. La couleur te revient. C'est bon signe.

Bon signe pour qui, je n'ai pas demandé.

Mon bras me lançait. Celui que j'avais mordu. La marque de mes propres dents avait bruni, et Elsa la fixait avec une gourmandise distraite, comme on lorgne un fruit qu'on s'est juré de ne pas entamer trop tôt.

Dehors, la tempête s'était installée pour de bon. Le chalet flottait dans une bulle blanche, hors du monde. Hors de portée.

Elle a fini par se lever, et a rapporté le petit sac isotherme. Celui qu'elle venait de tricoter. Elle l'a ouvert avec un soin de bijoutier.

Dedans : moi. Enfin, un peu de moi.

Elle a prélevé une fine tranche et l'a portée à sa bouche, les yeux mi-clos, savourant.

« Elle me déguste en apéritif. »

Et là, j'ai senti une chose absurde me serrer la poitrine. Un pincement idiot. De la jalousie. Comme si elle me trompait avec un morceau de moi-même.

— Tu en veux ? proposa-t-elle, magnanime.

J'ai secoué la tête. Je n'avais pas le droit. C'était la réserve. C'était elle qui faisait les portions.

— Tu apprends vite, sourit-elle. Tu vois comme on est bien, quand tu te laisses guider ?

« Je suis une excellente élève. »

Elle s'est essuyé la commissure des lèvres du bout du pouce. Puis elle m'a regardée longuement, ce regard d'inventaire, qui pèse et qui range.

— Le mollet, c'était parfait pour tenir, dit-elle. Du solide. Du nourrissant. Mais ce que tu as de meilleur, toi… ce n'est pas dans tes jambes.

Mon ventre s'est noué.

« Elle parle de mon sens de l'humour, c'est obligé. »

Elle s'est penchée pour border la peau de renne autour de moi, avec un soin de nounou appliquée… qui aurait suivi ses cours du soir en chirurgie vétérinaire.

— Repose-toi encore un peu, ma chérie. Reprends des forces. Plus tard… on visera de la viande plus noble.

Elle m'a embrassée sur le front, puis a repris son tricot près de l'âtre. Elle fredonnait une berceuse apprise de sa mère. Une douceur sinistre.

« De la viande plus noble. Je suis flattée. »

Je me suis rendormie en souriant. J'avais tellement envie qu'elle me trouve parfaite.


La soirée s'était abattue sur le chalet comme un couvercle sur une marmite en ébullition. Le feu crépitait encore, mais la chaleur ne parvenait plus à chasser le frisson qui courait dans mes os.

Elsa installa un plaid moelleux sur le sol, juste devant l'âtre, comme si elle préparait un pique-nique romantique.

« C'est trop choupie ! »

Elle m'aida à m'y asseoir, calée contre son épaule.

— Tu vas mieux, souffla-t-elle.

J'ai hoché la tête trop vite.

« Si elle veut que j'aille bien, j'irai bien. »

Sa main s'est posée sur ma poitrine. Juste sous ma clavicule.

Son regard fixé sur mon cœur.

Je sentais mes battements battre pour elle.

Littéralement.

— Tu aimes beaucoup, dit-elle doucement. Plus que les autres. Plus que nécessaire.

Mon souffle s'est coincé quelque part entre l'orgueil et la panique.

Elle ajouta dans un murmure épris :

— J'aimerais en garder un petit morceau. Un morceau de cœur. Un morceau d'amour. Pour toujours.

« L'amour, ça se partage… non ? »

— Si c'est pour nous… balbutiai-je.

Ses yeux brillèrent d'une joie fiévreuse.

Elle dégagea le plaid pour sortir un énorme couteau de boucher.

Comme si c'était l'outil le plus romantique du monde.

— Pour le cœur, le métal, ça ne me dérange pas, sourit-elle. C'est une grande occasion.

— Je veux sentir ton amour dans mes mains, Camille.

Elle enfonça la lame sous mes côtes.

La douleur éclata en moi comme un feu d'artifice inversé.

— AAAAH !

Son regard brillait d'admiration.

Elle plongea la main dans ma poitrine.

Je sentis mes os s'écarter comme des portes qu'on déverrouille.

— Ah ! Le voilà !

Elle extirpa mon cœur, encore vivant, palpitant dans sa paume.

Un oisillon rouge qui supplie.

« Je suis dans sa main… C'est très excitant. »

Elle le souleva à hauteur de son visage.

— Je savais que tu avais un cœur énorme.

Puis elle croqua dedans.

Un son tendre, presque délicat.

Du jus rouge au coin de ses lèvres.

Elle ferma les yeux.

— Mmmh… ton amour est sucré.

« Je suis délicieuse. Je suis parfaite pour elle. »

Elle me présenta ensuite une petite bouchée.

— Goûte. C'est nous.

J'ai ouvert la bouche, docile.

La viande a fondu sur ma langue dans un goût métallique et intime.

— C'est… moi… soufflai-je.

— Oui. C'est nous, répéta-t-elle, exaltée.

Elle glissa délicatement mon cœur à sa place.

Puis elle pressa les bords de la plaie avec soin, comme si elle rangeait un aliment fragile pour qu'il se conserve bien.

— Il faut qu'il continue de battre pour moi, dit-elle avec douceur.

Une douceur qui serre fort.

Une douceur qui dévore.

Un léger rire lui échappa :

— Je crois que j'ai mal remis une côte. Ça fait un bruit adorable.

Je tentai de sourire, malgré mes dents serrées.

— Je suis désolée si ça fait un son bizarre… j'essaierai de mieux battre demain, murmurai-je.

Elle posa sa tête sur ma poitrine.

Comme pour écouter son trophée.

La douleur était une tempête.

Mais sous sa main, je me sentais… importante.

Je me blottis contre elle, épuisée, certaine que demain, j'aurais encore beaucoup à donner.

Et à aimer.

Que je resterais dans sa vie…

Partout dans sa vie.


J'ai ouvert les yeux dans un brouillard rougeâtre.

J'ai rampé.

Sur le tapis moelleux, ma trace de sang ressemblait à une étrange déclaration d'amour.

À chaque mouvement, ma jambe brûlait, mon bras me lançait, ma poitrine cliquetait.

Mes doigts ont accroché un relief.

J'ai tiré.

La trappe s'est ouverte.

Une odeur familière m'a frappée : jambon sec, chocolat, soupe en sachet.

Des conserves.

Des pâtes.

Des boîtes de raviolis à la bolognaise.

Elle n'avait pas besoin de moi.

J'ai entendu un bruit derrière moi.

Elsa me regardait.

Pas surprise.

Juste contrariée.

Tout en la regardant, j'ai refermé la trappe.

Lentement.

J'ai remis le tapis par-dessus, en lissant les bords.

Puis j'ai soufflé :

— Promets-moi que tu ne vas pas m'abandonner pour une boîte de raviolis à la bolognaise…

Elle s'est approchée, puis s'est accroupie.

Elle a essuyé ma joue du pouce.

— Mais non, ma Camille. Tu vaux mieux que ça.

J'ai souri.

« Je vaux mieux que ça. »